Developpement personnel

Je veux… Arriver à pardonner pour être libre et heureuse

Je veux arriver à pardonner pour être libre et heureuse
J’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans l’écriture de cet article. Pardonner est souvent empreint d’une morale religieuse qui me gêne. De même, pardonner est souvent associé à tort à beaucoup d’autres mots : excuses, oubli, obligation… Tous ces a priori m’ont longtemps empêchée d’entrer dans une vraie démarche de pardon. Alors bien sûr, j’avais le pardon facile « Allez on oublie ! Aucun souci ». Mais au fond de moi, je gardais une blessure que je ressassais régulièrement. C’était un pardon de surface. C’est seulement récemment que j’ai réussi à pardonner vraiment. Et j’ai compris que pardonner c’est avant tout me libérer moi.

Ce que pardonner n'est pas...

... Pardonner n'est pas oublier

Si je suis honnête avec moi-même, je n’oublie jamais une blessure que l’on m’a infligée.

Même si je me persuade de tourner la page, ces blessures restent enfouies au plus profond de mon inconscient. Elles ne s’effacent pas d’un coup de baguette magique. Au contraire, elles savent très bien remonter à la surface sous la forme de rancœur, de ressentiment.

On peut pardonner mais oublier c’est impossible n8f4b2hbzsbd1cekwwshtj4l5hf8jk6vqq0j1nlgv4 Je veux... Arriver à pardonner pour être libre et heureuse

... Pardonner n’est pas se réconcilier

La réconciliation avec l’offenseur n’est pas une obligation. Certaines relations ne peuvent pas surmonter la blessure infligée. Toute relation est basée sur la confiance mutuelle. Et parfois, la confiance est tellement bafouée qu’il n’est pas possible de reconstruire une relation avec la personne.

C’est donc à moi, et seulement à moi, de décider si je souhaite ou pas poursuivre la relation.

Si je n’en ai pas envie, si je ne m’en sens pas la force, ce n’est pas un problème. J’ai le droit de ne pas vouloir continuer une relation qui ne me correspond plus.

... Pardonner n’est pas excuser, relativiser l’agression voire nier la faute

Les actes faits sont inexcusables. Il est hors de question que j’enlève la responsabilité de ses actes à la personne qui m’a blessée. Par contre, je peux et je dois comprendre pourquoi cette personne a agi de la sorte. Mais en aucun cas, je ne dois minimiser ses actes ni chercher à les excuser. Toute personne est responsable de ses actions.

... Pardonner n’est pas nier ma blessure

Combien de fois je me suis entendue dire « c’est pas grave ».

J’ai une confidence te à faire : si, c’est grave! C’est grave pour moi puisque j’ai subi de la colère, de la peur, de l’humiliation, de l’injustice… (sentiment à choisir en fonction de l’événement).

Donc, en aucun cas je ne dois chercher à minimiser mon ressenti. Je ne dois pas donner plus d’importance à l’autre qu’à moi-même, au point de refuser mes sentiments. Je ne dois pas me nier moi-même.

... Pardonner ne signifie pas que l’autre changera son comportement

Je pardonne pour cicatriser mes propres blessures. C’est un acte pour moi, un cadeau que je m’offre.

Par contre, pardonner peut ne pas avoir d’impact sur le comportement de l’autre. Son comportement ne m’appartient pas, je n’en ai aucun contrôle, aucune prise. Peut-être qu’il prendra conscience de ses actes, ou peut-être pas. Dans tous les cas, c’est son cheminement. Il n’a aucune obligation là-dessus. Et surtout, je ne dois rien en attendre, pas même des excuses.

... Pardonner n’est pas une obligation

Personne ne peut m’obliger à pardonner. Je ne pardonne pas pour l’autre, par peur, par politesse, ou même pour lui faire plaisir.

Jusqu’à présent, j’avais une tendance à faire de faux pardons. Mes croyances personnelles issues pour beaucoup de la morale religieuse que j’ai pu retenir de mes années de catéchisme m’obligeait à pardonner sans le vivre réellement.

Or, il n’y a pas de « Il faut pardonner », ou « Tu dois pardonner ». Non, le pardon est ma décision.

C’est mon cheminement. Le libre choix de pardonner m’appartient à moi la victime.

De plus, je peux parfois ne pas me sentir capable de pardonner. Pardonner n’est pas facile. Dans certains cas, ça peut m’apparaitre comme une montagne impossible à gravir. C’est un état d’esprit à avoir et parfois, ce n’est juste pas le bon moment. Ce n’est pas grave. Il faut laisser faire le temps. Pardonner n’est pas instantané. Je ne dois pas me juger et je ne dois laisser personne me juger sur ça. Il n’y a pas de culpabilité à ressentir. Au contraire, je dois accepter d’être là où je suis sur le processus de pardon.

... Pardonner n’est pas renoncer à mes droits

Pardonner est ma décision. Je le fais pour ne pas sombrer dans la haine qui me détruit, pour ne pas rentrer dans le jeu de la vengeance qui n’aura pour effet que de me maintenir dans mon état de souffrance.

Par contre, dès lors que mes droits ont été bafoués, la justice doit suivre son cours. Il est donc essentiel de porter l’affaire devant un tribunal lorsque nécessaire.

Maintenant que j’ai vu ce que pardonner n’est pas, je peux enfin comprendre ce qu’est pardonner.

Comprendre l’importance de pardonner

Lorsque je n’arrive pas à pardonner une chose qui a eu lieu dans mon passé, je conserve les sentiments négatifs ressentis tout au fond de moi. Ce paquet de négativité m’amène de la rancœur et du ressentiment. Que je n’aime pas ce mot re(s)-sentiment ! Il signifie que je vis à nouveau mes sentiments, que je suis enfermée dans une boucle infernale où mes émotions négatives sont permanentes et me trainent comme un boulet vers le bas. Car le problème est là. Ne pas pardonner c’est rester prisonnier.
Pardonner c’est délivrer un prisonnier et découvrir que le prisonnier c’était vous  n8f5in9yu9yxaj3tg8wtx18wlkmuee6w2etx0gzee8 Je veux... Arriver à pardonner pour être libre et heureuse

Pardonner est un acte essentiel. Un acte que je fais pour moi, pour me permettre d’aller de l’avant.

Il me permet d’abandonner le passé pour vivre le moment présent intensément. Je peux enfin être libre, je peux cicatriser, je peux apaiser mes blessures et être heureuse.

Pardonner est la clé de ma guérison intérieure. Je le fais pour me reconstruire. Pour reprendre ma vie en main, et ne pas laisser le « bourreau » régir ma vie. C’est avant tout un acte égoïste, dans le sens où je recherche mon propre intérêt, ma satisfaction personnelle dans ce cheminement.

Pardonnez les autres non pas parce qu’ils méritent votre pardon mais parce que vous méritez la paix n8f6lpgiuffvr6d9d4qpj6eha03y9l9c3qsayf2fts Je veux... Arriver à pardonner pour être libre et heureuse

Pardonner, c’est :

Enfin sortir de mon statut de victime

Accepter que ma relation avec l’autre a été abimée

Faire le deuil de mes attentes vis-à-vis de l’autre

Lâcher prise sur ce que je ne peux pas changer

Accepter que certes je ne suis pas responsable de ce qui m’est arrivé, mais je suis responsable de ma vie. C’est à moi de décider si je veux continuer à me ronger de l’intérieur pour un acte passé ou redevenir une personne heureuse et sereine.

Le processus de pardonner

Tout d’abord, le processus de pardonner ne peut se faire que sur une action passée. Si je subis toujours l’offense ou l’agression, je dois d’abord soit la faire cesser, soit m’éloigner lorsque possible de la personne qui m’opprime.

Alors certes, pardonner est un long chemin. Mais il existe des outils pour m’aider à avancer dans ce processus. Des outils qui m’aident pour l’essentiel à ne plus être prisonnière de mon ressentiment, mais au contraire, à me libérer de ces chaînes du passé et à retrouver une vie épanouissante.

Voici quelques-uns des outils que j’utilise.

Clé n°1 : Renoncer en tout premier à la vengeance

Qui n’a pas entendu « œil pour œil, dent pour dent » ? Alors certes, cette loi du talion évite en principe toute escalade de violence, mais cette réciprocité du crime et de la peine n’aide pas à faire disparaître cette violence inutile.

Cet esprit de vengeance m’emprisonne dans le passé et m’empêche d’entamer le processus de pardon.

Faire souffrir autant que j’ai souffert ne pourra que me faire ressentir de la culpabilité.

C’est un chemin que je ne souhaite pas prendre. La justice est une affaire de société. Il n’est jamais bon de se faire justice soi-même.

Clé n°2 : Reconnaître ma blessure et l’extérioriser

Il est essentiel de ne pas nier ma souffrance. Au contraire, il faut la reconnaître, laisser remonter les émotions vécus pour pouvoir cicatriser.

Cette étape est vraiment difficile. L’esprit a tendance à minimiser, à user de mécanisme de défense pour ne pas souffrir. Il faut savoir écouter et accepter mes émotions (colère, peur, frustration, indignation, humiliation, vulnérabilité…), les laisser s’exprimer, les extérioriser pour enfin voir clair en moi.

Pour cela, il m’arrive de me confier à quelqu’un de confiance. Quelqu’un qui ne me jugera pas, qui ne m’assommera pas de conseils, mais qui au contraire sera une oreille attentive.

Si je ne peux pas trouver cette oreille attentive, j’utilise 2 outils particulièrement :

Les pages du matin (outil que je vous détaille ici) m’aident ÉNORMÉMENT à évacuer mes sentiments. Je ne me refuse rien. Si je veux être malpolie, injurieuse, insultante, violente, je le suis. Je peux exprimer ma douleur comme je le ressens, sans avoir peur du quand dira-t-on, sans craindre le regard de l’autre. C’est un vrai défouloir.

Un autre exercice d’écriture que j’aime faire est décrire 2 lettres qui ont vocation à être détruites :

  • Une lettre, de moi à mon offenseur, dans laquelle j’exprime toute ma colère. J’y exprime tout sans rien censurer
  • Une lettre, de mon offenseur à moi, dans laquelle j’exprime tout ce que j’aimerais entendre de la personne qui m’a blessée.

Parler de ma blessure permet d’apaiser mes émotions et d’identifier ce qui me blesse réellement.

Je peux ainsi mettre des mots derrière ma douleur, je peux faire aussi le deuil d’une relation si cela est nécessaire.

Cette mise en lumière est un premier pas vers la guérison car un problème nommé est un problème prêt à être résolu . En reconnaissant ma souffrance, je peux enfin sortir de ce piège d’auto-destruction.

Clé n°3 : Comprendre l’autre

Je ne connais pas toutes les circonstances qui ont poussé l’autre à me blesser.

Pourquoi m’a-t-il fait ça ?  Qu’est-ce-qui explique sa violence ?

Comprendre les raisons des actes perpétrés permet de transformer ma rancœur en un pardon raisonné.

Je ne recherche pas des excuses, non juste à poser un regard plus réaliste, à chercher le côté humain dans la situation, à avoir de l’empathie.

Clé n°4 : Donner un sens à ma blessure

« Qu’ai-je appris sur moi-même ? Sur l’autre ? Que puis-je améliorer à l’avenir ? Que m’a apportée cette épreuve ? »

Pardonner est une démarche de mon intellect sur mes pensées. C’est changer mon regard sur ce qui s’est passé.

Cette étape est souvent longue et nécessite de garder un esprit ouvert et de prendre du recul.

Il est en effet essentiel de me demander ce que j’ai retiré de positif de cette épreuve. Plutôt que de résister à ce qui est arrivé, je dois me mettre dans un état d’esprit d’apprentissage, de gratitude.

Cela me permet de passer du rang de victime au rang de bénéficiaire.

Je suis persuadée que toute expérience, même extrêmement douloureuse, donne un sens à ma vie. Je peux dans un premier temps me sentir complètement perdue, même détruite. Puis, petit à petit, ma vie se reforme, de nouveaux chemins s’ouvrent à moi, des chemins que je n’aurais peut-être jamais explorés sans cette épreuve. J’en ressors grandie.

Avant de vous quitter, je veux garder en mémoire que, comme à chaque fois en développement personnel, je dois considérer le pardon comme un voyage et non comme une destination.

J’aurai mes jours avec, et mes jours sans. Des jours où j’arriverai à pardonner facilement, mais également des jours où je n’arriverai pas à surmonter la phase de la colère.

Ces rechutes sont normales.

Ce ne sont pas des défaites.

Au contraire, c’est ça cheminer.

C’est avancer de mon mieux sans me juger.

Pour finir cet article, je vous propose de relire ce texte si poignant d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine », suite à l’assassinat de sa femme lors de l’attentat du Bataclan. Comme beaucoup, au lendemain des attentats perpétués en novembre 2015, j’ai lu sa lettre aux terroristes et j’ai pleuré. J’ai été submergée par une émotion qui m’a complètement dépassée. J’ai enfin compris pourquoi : tout simplement parce que cette lettre incarne la capacité à pardonner, pour se libérer et être heureux.

Et vous, comment faites-vous pour arriver à pardonner ?

Barbara

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2 réflexions au sujet de « Je veux… Arriver à pardonner pour être libre et heureuse »

  1. Il faut du temps pour se libérer de tout sentiment négatif et de la souffrance qui font partie de la vie, on ne peut pas éviter à tout homme un jour de connaître la souffrance. Cheminer vers le bonheur consisterait à dompter ses sentiments négatifs qui nous aveuglent, pour gagner un sentiment de liberté non soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face au jugement des autres, une vraie confiance en soi, qui nous ouvrirait à tout ce qui se présente, à une disponibilité bienveillante et courageuse.
    Tu nous demandes Barbara comment arrivons-nous à maîtriser par exemple sa colère. Pour moi, elle devient éphémère si je ne l’alimente plus, si je cesse de ressasser ce qui la fait naître. Ce qui est arrivé est arrivé, on ne peut l’effacer et on n’y changera rien à le ressasser. Mettre son attention sur l’avenir. La colère est alors comme un feu qu’on refuse d’alimenter, elle finit un jour ( cela prend parfois de longues années) par s’éteindre.

  2. Tu as tout à fait raison. La prise de conscience que pardonner est un acte pour nous est essentielle pour arriver à avancer, mais le temps reste une caractéristique importante dans notre cheminement. Un pas à la fois toujours avec bienveillance 😉

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