Developpement personnel

La quête du bonheur, c’est comme le botox : plus on en abuse et plus cela nous nuit

Aimez davantage la vie, le bonheur sera votre récompense

Parfois, j’ai l’impression d’avoir dans ma tête un Dr Jekyll qui me pousse à expérimenter des émotions toujours plus sombres telles que la colère, la tristesse ou la peur. Et puis un Mr Hyde qui essaie tant bien que mal de m’imposer des émotions positives. Et entre ces 2 personnalités, je me sens coupée en deux.

Cela augmente alors un sentiment d’inconfort et de culpabilité.

Bah oui, moi qui étudie le bonheur, ne devrais-je pas vivre moins d’émotions négatives ? Ne devrais-je pas avoir une vie d’enthousiasme à chaque instant ?

Toi aussi t’arrive-t-il peut-être de ressentir cette obligation à la joie ?

Si c’est le cas, sache que c’est tout à fait normal !

Il existe un mythe assez répandu comme quoi le bonheur équivaudrait à un état perpétuel d’enthousiasme et de joie. Pour autant des études ont montré que lorsque les gens cherchent excessivement leur bonheur, cela se retourne contre eux. Ils éprouvent moins d’émotions positives dans la vie de tous les jours et se sentent plus isolés des autres.

Alors, comme dans toute quête, l’important est de trouver sa voie et de garder un équilibre.

Voyons ça ensemble…

Il y a une grande tendance dans le monde du développement personnel qui vient de l’expression anglaise « Fake it ‘till you make it », que l’on peut traduire par « Fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives ».

Faire semblant dans ses postures, dans son langage corporel peut en effet augmenter la confiance en soi et ainsi sa capacité à améliorer ses résultats et à atteindre ses objectifs. De même, se forcer à mettre un sourire sur son visage, alors que l’on ne se sent pas bien, peut nous faire sentir un peu plus positif.

Mais je dis bien « positif » et non pas « heureux »

Car, à mes yeux, cette stratégie a son efficacité mais jusqu’à une certaine mesure.

Feindre le bonheur ne peut pas nous rendre plus heureux, plus optimiste.

Dans une situation où l’on ne se sent pas heureux, faire semblant, se tenir devant un miroir et sourire ou même se forcer à se sentir heureux n’est bénéfique pour personne.

Au contraire, cela demande un tel effort de simuler son bonheur, que cela ne peut qu’augmenter notre niveau de stress.

Un autre danger que représente ce type de message à mes yeux, c’est que cela met le bonheur comme une obligation. On finit alors par nier notre droit à la fragilité, à la souffrance face aux revers de la vie. J’ai déjà abordé cette notion dans mon article Parfois le développement personnel c’est de la merde !

Alors plutôt que de vouloir faire de la positive attitude à tout prix, et d’aller jusqu’à feindre sa joie, il me semble plus important d’être en accord avec son état psychologique, avec sa situation de vie. Cela peut donc signifier accepter de ressentir de la vulnérabilité, du mal-être, des doutes.

Il y a 80 ans, Walt Disney avait déjà tout bon dans Blanche-Neige et les 7 nains. Dans le dessin animé, chaque nain a une personnalité bien distincte et une émotion prédominante :

Joyeux, toujours joyeux et rigolant

Timide, sujet à l’embarras et aux joues rouges

Grincheux, plein de scepticisme

Prof, instruit et futé mais également un trouillard enclin à bafouiller

Atchoum, éternel malade

Dormeur, enclin à la paresse

Simplet, simple d’esprit qui obéit au doigt et à l’œil à ses frères

Mais tout comme Blanche-Neige a besoin des 7 nains dans sa vie, nous avons besoin de vivre toute sorte d’émotions, de la plus positive à la plus négative pour notre bien-être et notre bonheur.

Le bonheur n’est pas figé aux émotions positives. Dans certaines situations, nous serons débordés tel un tsunami d’émotions positives ou même négatives, alors que dans d’autres, nous naviguerons sur les eaux calmes de la sérénité et de l’apaisement.

Je suis récemment tombée sur une étude américaine qui m’a particulièrement étonnée au regard des bienfaits de la gratitude que l’on lit partout, et qui ne sont plus à démontrer. Cette étude a été faite auprès d’étudiants déprimés à qui on a demandé d’écrire des lettres de gratitude. Le résultat a été que de se forcer à ressentir de la gratitude a augmenté leur mal-être.

Pourquoi ?

Certainement parce qu’ils étaient juste trop déprimés pour ressentir de la gratitude.

Se forcer les a ainsi mis dans une situation qui a augmenté leur impression que rien dans leur vie ne méritait de la reconnaissance.

Donc, acceptons de vivre nos émotions pleinement. Une émotion est éphémère par construction. Elles vont et viennent et ne représentent en rien notre qualité de vie et notre bonheur général.

Alors plutôt que de faire semblant ou de partir dans une quête du bonheur qui s’apparenterait plus à un état figé dans lequel on ne vivrait que de la joie à chaque instant, il me semble préférable de regarder comment nous pouvons amener plus de positivité dans notre vie. Cela peut se faire en développant un état d’esprit plus positif, en cherchant du soutien social lorsque c’est nécessaire, ou encore en amenant dans notre quotidien des accélérateurs de bonheur, c’est-à-dire des expériences qui vont nous donner du plaisir, certes de faible intensité, mais qui à force de répétition vont nous rendre plus heureux.

2 réflexions au sujet de « La quête du bonheur, c’est comme le botox : plus on en abuse et plus cela nous nuit »

  1. Merci Barbara pour ce très bel article qui est tellement vrai
    Mais ne sommes nous pas obligés parfois de feindre le bonheur pour multiples raisons!!??

  2. Merci Sandrine pour ton commentaire.
    Le problème lorsque l’on feint notre bonheur, c’est que l’on nie nos sentiments, nos besoins.
    Une journée, ce n’est pas grave.
    Mais lorsque les journées s’accumulent, on risque alors de couper l’accès à nos sentiments, à nos besoins et donc à nous.
    Il est donc bon de se demander pourquoi on est tenté de feindre notre bonheur. Quel en est le gain? Et évaluer ce gain au regard des risques dont j’ai parlé juste au-dessus. C’est toujours une notion d’équilibre.

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